Pourquoi pas

Le cancer fait un bruit que j’entends au réveil. Il m’a fait perdre deux de cinq sens, le goût et le toucher.

Un ventre vide qui se prépare à un nouveau plat de matières chimiques pour l’aider à se débarrasser de son cancer.  J’ai désormais peur d’écrire. J’ai peur d’écrire et de découvrir ma laideur. J’ai peur de me rappeler de la peau fissurée et noircie sur mon cou et de la peau de serpent sur la paume de la main. La mort m’envahit le corps. Elle me noircit la peau et me fissure l’épiderme. Elle ne laisse aucun doute sur son but. Elle est là pour se préparer à s’accaparer de tout mon corps. Elle a abîmé la peau et les fonctions sensorielles qui y sont liées.  Son toucher a été endommagé et elle est devenue elle-même impossible à effleurer.

Il n’y a aucun sens à une existence qui ne se prête pas au partage.  Comment peut-on garder sous silence la peur qui s’installe dans le cerveau et qui se propage dans les veines colorées par les matières chimiques ? Quel sens donner à cette peur si on ne parvient pas à la partager avec les autres ?

(Traduit de l’Arabe par Badra)

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